Voeux d'Annette Glowacki, Présidente de l'Uriopss HDF NPDC

Uriopss Hauts-de-France

Retrouvez le discours d'Annette Glowacki, Présidente de l'Uriopss Hauts de France Nord-Pas-de-Calais, prononcé lors de la cérémonie des voeux du mardi 30 janvier 2018 (disponible en pièce-jointe également)

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« Mesdames, Messieurs,

Merci de votre présence, elle est pour nous reconnaissance, encouragement et partage d’amitié.

Je vous présente les excuses de nos collègues Picards, puisque vous le savez, l’ambition de l’Uriopss Hauts de France bute quelquefois sur des questions de distance et de disponibilités.

Au nom des administrateurs de l’URIOPSS, je souhaite à chacun d’entre vous une belle année 2018.

Des vœux personnels de santé et de bonheur dans vos sphères privées et familiales.

Des vœux de réussite professionnelle et de beaucoup de satisfactions dans vos métiers.

Des vœux d’enthousiasme et de plaisir dans vos engagements associatifs et bien sûr des vœux pour vos associations et pour toutes les personnes qu’elles accompagnent.

Est-il légitime et fondé de parler d’enthousiasme et de plaisir alors que depuis plusieurs années les associations de solidarité inaugurent chaque exercice en sachant que les temps sont et seront difficiles au plan économique ?

Aujourd’hui, nos voeux se tiennent pendant que les professionnels des maisons de retraite sont en grève, et que notre secteur est très touché.

Et pourtant, ce devoir d’enthousiasme et d’engagement est au cœur même de l’action des associations pour qu’elles puissent tenir leur responsabilité et leurs missions dans notre société, garantir leur place, faire valoir leurs exigences et surtout tenir leurs engagements auprès des personnes qu’elles accompagnent

Cela nécessite que nous en soyons les premiers convaincus, que nous partagions suffisamment entre nous l’importance de cette responsabilité et de cette place, donc de cette fonction politique des associations dans la société d’aujourd’hui, dans le monde d’aujourd’hui, dont nous savons combien il change, face aux inégalités grandissantes, à l’accroissement de la pauvreté qui pousse sur le chemin de l’exil des populations que nous ne savons plus accueillir, à ce que nous savons de la pauvreté grandissante des enfants y compris dans notre propre pays, de l’invisibilité de certains publics…

Alors, pour rester enthousiastes et engagés, nous disposons pour y parvenir d’une triple force.

Notre première force est le fait de l’essence même de l’association.

Les associations sont, dans leur diversité et dans la multiplicité de leurs projets et de leurs tailles, des acteurs essentiels du vivre ensemble dans une société toujours au risque de la fracture.

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Notre société est autant menacée par la montée du communautarisme que par la tentation d’un individualisme qui rendrait chacun responsable de son destin, par le retrait de la population au regard du débat démocratique que par la tentation d’un dialogue direct entre les élus et le citoyen.

Nous savons combien toutes ces dérives sont au risque du renforcement de l’exclusion.

Nous devons penser et animer nos associations comme des creusets et des leviers du vivre ensemble, dans l’exigence de la prise en compte des plus fragiles et la promotion du débat et de l’échange.

Notre seconde force est liée à notre place.

Les associations sont, par la multiplicité des rencontres et par leur capacité à mobiliser et à rassembler tous les acteurs, des guetteurs, des veilleurs de première ligne. Cela nous permet d’être des témoins engagés, capables de donner à voir et à entendre la réalité des personnes que nous accompagnons, de les soutenir dans l’expression de leur parole.

Nous devons penser et animer nos associations comme des espaces de résonances et des passeurs de la parole au service de l’évolution de la société, de la construction d’une société plus inclusive, au service des exigences à satisfaire pour y parvenir.

Simone Veil quand on lui parlait du devoir de mémoire disait « le seul devoir qui vaille est celui de la transmission et de l’éducation ». Nous sommes des passeurs et nous sommes dans un devoir de transmission d’éducation.

Les associations de solidarité ont une réelle responsabilité dans la construction de l’altérité citoyenne, dans l’ouverture au monde qui ouvre au regard sur l’autre. Cela repose sur notre capacité à dire, à montrer, à démontrer y compris en direction du grand public.

Notre troisième force est liée à notre posture.

Les associations sont, par leur confrontation aux nouveaux besoins et à l’évolution de la demande des personnes, des promoteurs, parfois des aiguillons de l’évolution de l’action sociale, des lanceurs d’alerte.

Cela exige de nous que nous renforcions nos capacités de vigilance et d’observation, notre capacité d’adaptation, de construction et de préservation de nos marges d’initiative, d’être des amplificateurs de projets…

C’est le projet de l’URIOPSS de soutenir les associations dans leur fonction, leur adaptation, leur rayonnement, leur développement.

Nous y parviendrons au prix de quelques conditions.

Cela suppose que nous puissions mener une réflexion sur notre propre capacité à mobiliser et à faire agir ensemble toutes les parties prenantes au sein même des associations.

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Cela suppose que nous puissions renforcer la dynamique inter-associative pour bâtir des projets partagés, renforcer les dynamiques dans les territoires, nous rassembler sur des projets partagés, faire notre propre analyse d’un rapport de concurrence dans lequel nous nous laissons parfois entraîner et que renforcent les modes actuels de contractualisation.

Cela suppose aussi que nous renforcions la dynamique inter fédérative au service du développement de l’ESS. Nous y sommes guettés par les mêmes maux de la concurrence.

Et puis, il faut que nous sachions nous mettre en débat avec les élus et responsables des politiques publiques dans le souci permanent de la juste distance, du respect des places, de la reconnaissance mutuelle qui est en capacité de faire vivre ensemble la confrontation et la contribution qui ne sont pas antinomiques, qui relèvent de la clarté et de l’exigence.

Munis de cette volonté et de ces socles, nous pourrons passer une année suffisamment bonne marquée du plaisir de penser, de créer et d’agir ensemble au service des personnes que nous accueillons, accompagnons et de leurs aidants.

Munis de cette volonté, nous pourrons poursuivre le chemin ensemble dans une URIOPSS Hauts de France, c'est-à-dire dans un périmètre élargi, dans une dynamique nouvelle, enrichie de la vision et de la contribution des deux URIOPSS qui la fonderont et qui formaliseront leur union en juin 2018.

Munis de tout ça, je souhaite une belle année 2018 pour vous, pour vos associations, pour l’Uriopss et tout ses collaborateurs. »

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